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#108 : Ainsi sera, grogne qui grogne



Le délégué spécial du Pape Clement arrive à Londres pour surveiller la cour décidant de la légitimité du mariage d'Henry à Katherine d'Aragon. Les résultats de ce procés auront des conséquences de grande envergure : le futur de la relation du roi avec Anne Boleyn, la carrière et le pouvoir du Cardinal Wolsey, et la relation de l'Angleterre avec Rome sont en jeu.

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Titre VO
Truth and Justice

Titre VF
Ainsi sera, grogne qui grogne

Première diffusion
20.05.2007

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Charles et la reine de France VO

Charles et la reine de France VO

  

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Titre VO: Truth and Justice - Titre VF: Ainsi sera, grogne qui grogne
Diffusion US: 20 Mai 2007
Diffusion FR: 14 Avril 2008

Réalisé par: Alison MacLean
Ecrit par: Michael Hirst
Acteurs secondaires: Gabrielle Anwar (La princesse Margaret), Declan Conlon (Mendoza), Rebecca Friberg (Joan), Bosco Hogan (L'êveque Fischer), John Kavanagh (Le cardinal Campeggio), Emmanuel Leconte (Le roi François Ier), Kate O'Toole (Lady Salisbury), Fiona Ryan (Jane), Gabriella Wright (La reine Claude).

GENERIQUE

 

Le valet annonce l’arrivée de Campeggio dans le bureau du cardinal Wolsey.

Valet : Monseigneur, son Eminence, le cardinal Campeggio.

Campeggio marchant doucement se fait attendre.

Wolsey : Lorenzo, mon vieil ami.

Campeggio : Mon cher Wolsey.

Wolsey : Entrez.

Campeggio : Votre Excellence me pardonne mon indisposition. Dieu dans sa bonté m’a donné la goutte.  Il y a pire épreuve.

Ils s’assoient.

Wolsey : Bien. Sa Majesté tient à tout prix à ce que le tribunal puisse se rassembler au plus vite pour juger l’affaire de l’annulation de son mariage.

Campeggio : Bien sûr, bien sûr. J’ai une délégation de pouvoir écrite par Sa Sainteté qui m’y autorise. En ce qui me concerne, il n’y aura pas d’appel. Cependant… Auriez-vous un peu d’eau, Monseigneur ?

Wolsey : De l’eau ?

Campeggio : Avec un peu de bon vin peut-être.

Wolsey : Cependant…

Campeggio : Nous nous connaissons depuis longtemps. Nous sommes tous deux des hommes du monde, cardinal Wolsey. J’ai même un fils qui voyage avec moi.

Wolsey : Et alors ?

Campeggio : Sa Sainteté souhaite donner sa satisfaction au roi. Aussi difficile que cela puisse être. Mais pour le bien de tous, ne serait-il pas mieux que nous nous efforcions de persuader le roi de renoncer à ce divorce, Monseigneur ? Je ne doute pas que sa passion pour cette fille finisse par décliner avec le temps, c’est le destin de toutes les passions. Vous le savez bien.

Wolsey : Je crains que Votre Eminence n’ait pas vraiment conscience de l’enjeu. Laissez-moi vous expliquer clairement un certain nombre de choses. Si vous n’accordez pas au roi le divorce qu’il appelle de ses vœux, le pape n’aura plus d’autorité en Angleterre. Nous pourrons dire qu’elle sera annihilée. Souvenez-vous simplement qu’une grande partie de l’Allemagne est déjà en mauvais terme avec Rome. La même chose risque de se produire ici. Ce qui aurait pour conséquence la ruine totale de ce royaume.

 

Le roi Henry VIII se promène main dans la main avec Anne Boleyn.

Anne : Croyez-vous qu’il y a un risque qu’ils déclarent votre mariage valide ?

Henry VIII : Wolsey m’a affirmé que le pape avait déjà jugé en ma faveur. Le procès se tient pour sauver les apparences. C’est une façon d’apaiser l’Empereur.

Anne : Nous allons donc pouvoir organiser le mariage.

Henry VIII : Oui. Oui, mon ange. En ce qui concerne les apparences, je ne vous ai pas tout dit. Pendant quelques temps, je devrais partager la table de Katherine. Et quelques fois même son lit.

Anne : Vous plaisantez ?

Henry VIII : C’est un détail. Mes avocats m’ont conseillé de le faire pour éviter toute procédure à mon encontre. Je ne veux pas qu’on puisse dire que j’ai agi contre ses droits conjugaux.

Anne : Vous pensez que c’est un détail de retourner partager le lit de votre épouse ?

Henry VIII : Que croyez-vous qu’il risque de s’y passer ?

Anne : Ce qui s’y passe d’ordinaire.

Henry VIII, partant furieux : Vous avez si peu confiance en moi ?

Anne : J’ai confiance en vous. Et je vous aime.

Elle part dans la direction opposée.

 

Henry VIII et le cardinal Campeggio discutent.

Henry VIII : Katherine n’est pas responsable de cette situation. Moi non plus. Mais le fait est que nous désobéissons aux lois de Dieu, pour lesquelles il ne peut y avoir de dispense. Vous comprenez à quel point cela affecte ma conscience. C’est pourquoi ce problème doit être rapidement résolu.

Campeggio : Je comprends. Je compatis avec vous. Sa Sainteté aussi, naturellement. Mais il s’avère qu’elle suggère aussi à Votre Majesté, une autre solution voyez-vous.

Wolsey : Il me semblait avoir bien expliqué à Votre Excellence pourtant que Sa Majesté…

Campeggio : Il s’agit d’autre chose, mon ami. C’est une solution qui ne pourra que plaire à Sa Majesté.

Henry VIII : Quelle est-elle ?

Campeggio : Le pape sait à quel point la reine est pieuse, elle a très souvent parlé de sa dévotion pour Marie et pour tous les Saints, n’est-ce pas ? Sa Sainteté se demande si Sa Majesté la reine consentirait, comme Jeanne de Valois, qui fut un moment l’épouse de Louis XII, de renoncer à son mariage et de se retirer dans un couvent.

Henry VIII : Qu’en pensez-vous Wolsey ?

Wolsey : Mais ce serait là un excellent d’obtenir satisfaction sans recourir au procès. C’est une bonne chose. De plus, puisque ce serait le choix de la reine, son neveu l’Empereur ne serait pas offensé. En outre, cela permettrait à Sa Majesté de se retirer honorablement.

Henry VIII : Allez lui soumettre votre idée.

Campeggio : Tout de suite, Majesté.

 

Le cardinal Campeggio parle désormais à la reine Katherine.

Campeggio : Votre Majesté, allez-vous au moins considérer cette proposition ?

Katherine : Je vous donnerai ma réponse en temps voulu. Après en avoir parlé avec le roi, mon cher époux. Pourriez-vous me confesser tout à l’heure ?

Campeggio : Oui, mon enfant.

Le cardinal Wolsey arrive à toute vitesse vers Katherine.

Wolsey : Votre Majesté.

Katherine : Votre Eminence.

Wolsey, s’agenouillant : Votre Majesté. Je vous supplie d’accéder au désir du roi.

Katherine : Quel est donc son désir ?

Wolsey : Celui que Son Eminence vous a soumis, que vous consentiez à entrer dans la communauté religieuse de votre choix, et que vous fassiez vœux de perpétuelle chasteté.

Katherine : C’est vous qui me parlez de chasteté ? N’avez-vous pas une maîtresse et deux enfants, Votre Eminence ?

Wolsey : Votre Majesté va entrer dans le troisième âge. Le temps s’écoule si vite. Vous avez passé toute votre existence à servir d’exemple au monde entier. Si vous entrez au couvent maintenant, vous celleriez toutes vos bonnes actions.

Katherine : Monseigneur, relevez-vous. Ca n’est pas convenable pour un homme de votre... dignité de supplier qui que ce soit en public, quelqu’en soit la cause. 

Katherine part et Wolsey se relève.

 

Le roi et la reine sont à table.

Henry VIII : Vous avez donc vu Campeggio ?

Katherine : Oui. Je lui ai dit que je ne pouvais pas lui donner de réponse sans votre permission.

Henry VIII : Quelle réponse allez-vous lui donner ?

Katherine : Simplement la vérité.

Henry VIII : Katherine, le monde entier s’accorde à dire que votre mariage avec moi était illégitime, même vous devriez le reconnaître. Alors si vous refusiez de prendre le voile, je devrai vous y forcer.

Katherine : Ai-je la permission de voir Campeggio ? Je ne lui parlerai pas si vous ne le voulez pas.

 

Anne Boleyn fait de la couture quand Cromwell vient lui rendre visite.

Cromwell : Lady Anne.

Anne : M. Cromwell. Vous avez un message de la part du roi ?

Cromwell : Nous nous comprenons tous les deux. Un ami mutuel, un certain M. Fish, qui vit aujourd’hui en exil en Hollande, m’a envoyé un cadeau pour vous.

Anne : Quel cadeau, M. Cromwell ?

Cromwell, lui donnant un livre : L’obéissance d’un chrétien, de William Tyndale. On y trouve d’excellentes critiques de la papauté ainsi que de l’arrogance et des abus de certains prêtres. Vous allez vraiment l’apprécier. Mais ne commettez pas d’imprudence. Ne montrez pas ce livre à n’importe qui. On peut vous accuser d’hérésie si vous le possédez. Wolsey se fait un véritable plaisir de poursuivre tous ceux qui osent embrasser la vraie religion.

Anne : Très bien. Que Dieu vous bénisse, M. Cromwell. (Cromwell part) Attendez. Pourriez-vous donner cela au roi avec… tout mon amour.

Cromwell : Madame.

 

Une femme court après un poulet qui ne veut pas se laissez attraper.

Femme : Joli poulet. Viens. Viens mon poulet. Chut. Ne te sauve pas. (Elle finit par l’attraper) Je le tiens.

Thomas Tallis arrive à ce moment là.

Tallis : Vous ne m’avez jamais dit comment vous vous appeliez.

Femme : Jane.

Tallis : Jane. Pourquoi avez-vous quitté la cour ? Lorsque votre sœur s’est éteinte, j’ai…

Jane : Ma sœur est… elle est toujours là Thomas Tallis. Elle est toujours auprès de moi. Elle ne peut pas me quitter. Elle ne saurait disparaître. (Tallis se retourne et voit une femme) Vous aussi vous la voyez, n’est-ce pas ?

Tallis : Je suis… J’arrive tout droit de Londres, et j’aimerais plus que tout vous revoir à la cour.

Jane : Pourquoi ? Vous teniez à ma sœur plus qu’à moi. Je le voyais.

Tallis : Je veux vous épouser, Jane.

 

La reine Katherine se confesse.

Campeggio : Qu’avez-vous à confesser, mon enfant ?

Katherine : Mon Père, je voudrais vous parler de mon premier mariage avec le prince Arthur. Le frère aîné de Sa Majesté.

Campeggio : Je sais de qui il s’agit. Continuez.

Katherine : Sachez qu’il ne m’a jamais connue. Je vous jure devant Dieu et sous la foi du serment que j’étais intacta y incorrupta…

Campeggio : Que cela soit bien clair, mon enfant. Vous dites que vous étiez intacte et inviolée par le prince Arthur, telle que vous étiez en sortant du ventre de votre mère ?

Katherine : Oui, mon Père.

Campeggio : Donc quand vous êtes venue dans le lit du roi, vous étiez vierge ? Intacta y incorrupta ?

Katherine : Oui, mon Père. Mon Père, je vous le dis, en toute humilité, je ne peux accéder à votre requête. Je suis l’épouse véritable et légitime de Sa Majesté. Par conséquent, votre proposition est inadmissible. Quoiqu’il arrive, je vivrais jusqu’à la fin dans la vocation du mariage, vocation à laquelle Dieu m’a appelée.

Campeggio : Oui, je comprends.

Katherine : Pour terminer, je vous donne la permission de rompre le sceau de la confession et de répéter au monde entier ce que je vous ai dit.

 

Charles et Margaret discutent.

Charles : Henry veut vous revoir à la cour. Vous êtes sa sœur après tout.

Margaret : Comment y retourner alors qu’il s’exhibe sans aucune pudeur avec sa trainée ? Je donnerais l’impression d’approuver sa liaison ridicule.

Charles : Margaret, nous devons rester dans les bonnes grâces du roi ou nous ne serons plus rien. Qu’il se marie avec qui il veut.

Margaret : C’est votre philosophie depuis toujours, n’est-ce pas Charles ? Vous êtes tellement cynique. Est-ce pour cela que vous tenez compagnie à ce maudit Boleyn ?

Charles : Il vous plaisait lorsqu’il nous a permis de retourner à la cour. Vous étiez peut-être cynique cela dit.

Margaret : J’ignorais à quel jeu il s’amusait. Je le connais aujourd’hui et je méprise cet homme.

Charles : Moi aussi. Mais je hais Wolsey plus encore. C’est un mariage d’intérêt, Margaret.

Margaret : Comme le nôtre alors.

Charles : Non. Je vous aimais.

Margaret : Vous ignorez le sens de ce mot, Charles. Vous pouvez aimer, mais peut-être un an, un mois, un jour… ou même une heure. Et pendant cette heure là, votre amour est aussi fort, aussi sincère, et aussi profond que celui d’un autre. Mais cette heure écoulée, vous n’aimez plus. Vous en aimez une autre, et une autre, et encore une autre. Soyez assuré que votre amour est généreux quand il devient le plus douloureux.

Charles : Margaret.

Margaret, partant en pleurant : Ne faites pas l’idiot, Charles. Cela ne vous sied pas.

 

Le cardinal Wolsey désire voir le cardinal Campeggio.

Valet : Eminence.

Wolsey : Je voudrais voir le cardinal Campeggio.

Valet : Pardonnez-moi. Mon Père est… est indisposé. Quoiqu’il en soit, il ne peut rien faire de plus pour le moment. Il a envoyé son rapport à Rome… et il doit attendre la réponse de Sa Sainteté. Jusque là Monseigneur, mon pauvre Père doit se reposer, de façon à retrouver ses forces.

Wolsey repart sans avoir vu Campeggio.

 

Un bal est organisé.

Campeggio : Est-ce bien là, Madame Boleyn ?

More : Oui, en effet c’est elle. La fille pour laquelle le roi est prêt à sacrifier son mariage avec la plus douce et aimante des reines.

Campeggio : Je vais essayer de le convaincre de ne rien faire, bien sûr. Mais même un ange qui descendrait du ciel ne pourrait l’en dissuader. Croyez-vous qu’ils aient poussé les choses jusqu’à leur ultime conjonction ? J’ai reçu une requête de la part des Duc de Suffolk, de Norfolk et de Lord Boleyn. Ils prétendent que le divorce est le soutien enthousiaste du peuple d’Angleterre.

More : Comme Votre Eminence ne tarderait pas à le découvrir, si elle passait le seuil de ces portes et voyait le peuple, ceci est un mensonge éhonté. Car bien au contraire le peuple aime sa reine. Parce qu’il a toutes les raisons de l’aimer. Excusez-moi, je vous prie.

Henry VIII : Wolsey.

Wolsey : Sa Majesté a refusé l’offre qui lui a été faite. Cela vous surprend-il ? Toutefois, Campeggio m’a affirmé que le pape se préparait à considérer de légitimer tous les enfants que vous pourriez avoir avec Madame Boleyn. Que vous soyez mariés ou non.

Henry VIII : Avez-vous perdu la tête ? Vous allez devoir faire beaucoup mieux que ça. (Il part discuter avec d'autres) Chers amis, je suis ravi de vous voir.

Campeggio : Pardonnez-moi, ambassadeur Mendoza. Je suis nouveau à cette cour. Qui sont ces hommes qui parlent avec le roi ?

Mendoza : Lord Rochford est le père d’Anne Boleyn, et Norfolk est son oncle. Comme le Duc de Suffolk, ce sont les pires ennemis de Wolsey. Chacun en est conscient à la cour. Rien ne les arrêterait pour le faire chuter.

Campeggio : Est-ce que le roi l’estime toujours ?

Mendoza : Beaucoup moins qu’autrefois, certainement. Mais il faut en aucun cas sous-estimer le cardinal, Monseigneur.

Campeggio : Puis-je savoir ce que vous pensez de l’affaire du roi ?

Mendoza : Ce n’est un secret pour personne. L’empereur est indigné par la conduite du roi envers la reine. Je peux vous le dire sous le sceau du secret. Il a écrit à Sa Sainteté, il demande à ce que l’affaire soit jugée à Rome et non pas ici.

Campeggio : Il ne chercherait pas à intervenir d’une autre manière ?

Mendoza : De quelle manière ?

Campeggio : Et bien, si la reine était répudiée un jour, pourrait-il envisager une intervention militaire en réponse à ces désaveux ?

Mendoza : Il n’en a encore rien dit.

Campeggio : Lui a-t-on posé la question ?

Mendoza : Non. Pas encore.

Margaret : Votre Majesté.

Henry VIII : Margaret.

Margaret : Pas elle. Le jeu n’en vaut pas la chandelle. Elle est commune, c’est une fille facile. Ouvrez donc les yeux. Regardez-la. Regardez-vous agir.

Henry VIII : Regardez donc votre mariage. (Il s’éloigne pour rejoindre Anne Boleyn) Comment vous sentez-vous ?

Anne : Brûlante. Brûlante d’impatience et de désir.

Le roi prend la main d’Anne Boleyn pour danser.

 

Katherine est dans sa chambre, pensive.

Servante : Madame. L’Archevêque Warham et Monseigneur Tamstole demande à vous voir.

Katherine : Messeigneurs. Vous avez été désignés pour être mes avocats devant le grand tribunal. Vous êtes donc des hommes de bien dont le devoir est avant tout de servir Dieu. Vous êtes les bienvenus. Est-ce le roi qui vous envoie ?

Warham : Oui, Votre Majesté.

Katherine : Nous devons discuter de votre bref. Je n’ai bien entendu rien contre Sa Majesté. Comme chacun sait, je l’aime de tout mon être. J’en veux à ses conseillers. Et à une certaine femme dont les ambitions pourraient ruiner le royaume.

Warham : Madame, nous ne sommes pas là pour débattre d’un bref, celui-là ou un autre.

Katherine : Mais…

Warham : Nous sommes venus pour vous parler, Madame, des rumeurs de complots contre la vie de Sa Majesté qui circule, ainsi que d’une conspiration contre le cardinal Campeggio. Si jamais ces complots étaient menés avec succès alors il est clair, Majesté, que votre fille et vous seriez bien sûr suspectées d’y être impliquées.

Katherine : Attendez, Monseigneur, j’ai du mal à croire que le roi accorderait crédit à de telles rumeurs. Car il sait trop bien, vous le savez aussi, que j’accorde plus de prix à la vie de mon mari qu’à la mienne.

Tamstole : Madame, j’ai un autre sujet de plainte. On vous accuse d’être inconvenante et de vous montrer trop souvent au peuple. Par ailleurs, vous vous réjouissez tant d’être acclamée que vous souriez, saluez les gens en agitant la main. Nous en déduisons pas conséquent, que vous haïssez le roi.

Katherine : Pourquoi en déduisez-vous cela ?

Tamstole : Pour la raison suivante : vous refusez d’accepter que vous vivez dans le pêché avec lui, Madame. Et bien que la vérité ait été dévoilée, vous persistez à refuser d’accepter l’offre que le roi vous a faite, de vous retirer dans le couvent de votre choix.

Katherine : Encore cela. J’ai déjà répondu à cette critique. Dieu m’a jamais appelée à entrer au couvent. Incontestablement, je suis l’épouse légitime du roi.

Warham : Madame, pour l’amour de Dieu…

Katherine : Oui ! Pour l’amour de Dieu, comme vous avez coutume de le déclarer doctement. Vous avez affirmé par ailleurs, au monde, que j’étais dans mon droit. Alors qui vous a fait changer d’avis, Messieurs ? Serait-ce Wolsey ? Dites-moi, préférez-vous gagner une place sur cette Terre plutôt qu’au Paradis, Messieurs ?

Tamstole : Vous n’avez pas répondu aux accusations…

Katherine : Silence. J’estime qu’il est déjà suffisamment dur d’être inculpée et accusée par mes propres avocats. Où est la Justice dans tout cela ? Je ne vous parlerais pas davantage. Vous ne me représenterez pas.

Tamstole et Warham sortent puis la reine se fait aider pour se coucher quand le roi vient s’installer dans le lit à ses côtés.

Henry VIII : Katherine. Pourquoi persistez-vous à me refuser Justice ? Vous n’avez pas de cœur. Vous êtes emplie de haine. J’avoue qu’il m'est impossible de me convaincre que vous m’aimez.

Katherine : Arrêtez. Bien sûr que je vous aime. Je n’ai jamais cessé de vous aimer, et vous le savez bien.

Henry VIII : Je n’en sais rien. Peut-être devrait-on vous séparer de notre fille. Pour vous empêcher de commencer à la monter contre moi.

Katherine : Qu’est-ce qui vous autorise à dire une chose pareille ?! Après toutes ces années, après ce que nous avons été l’un pour l’autre.

Henry VIII : La seule chose que je vous demande, c’est d’être raisonnable.

Katherine : Je suis extrêmement raisonnable. C’est vous qui n’êtes pas raisonnable.

 

Tallis et Jane discutent dans leur lit.

Jane : Que voulez-vous vraiment, Thomas ?

Tallis : Ce que je veux ?

Jane : Dans la vie. Que voulez-vous ?

Tallis : Je l’ignore. Voyager, j’imagine. L’aventure. Si je pouvais.

Jane : Vous voyageriez ? Où iriez-vous ?

Tallis : Vous n’êtes pas au courant ? Les grands navigateurs explorateurs sont partis. Cabot est allé jusqu’à Terre Neuve, d’autres sont en Amérique, aux Indes, ou même en Chine, ou encore au Qatar. Dans les pays légendaires de Marco Paulo.

Jane : Mais vous Thomas, où iriez-vous ?

Tallis : Je partirais sans doute de là. (Il pose son doigt sur le front de Jane) Je voyagerais à travers la forêt magique des cheveux tendus de pièges et d’embuscades. Mais le front nous arrêterait, tant il est lisse et clair. Les sombres flaques des yeux menacent notre navire. Car on peut s’y noyer. On risque d’y sombrer. Le nez, tel le premier méridien, nous orienterait aussitôt vers les îles du bonheur, les lèvres de carmin. Je m’ancrerais là, et j’écouterais le chant des sirènes. (Il l’embrasse) Puis je continuerais, plus loin que le divin promontoire du menton, où nous pourrions rencontrer des survivants. En descendant tout droit vers ton Inde, nous observerions un temps d’arrêt au nombril Atlantique. Puis le courant conduirait notre pilote vers une autre forêt, où beaucoup ont fait naufrage, avant de l’avoir jamais atteinte...

Ils s’embrassent à nouveau.

 

Le roi est avec Anne Boleyn.

Anne Boleyn : J’ai une nouvelle maxime.

Henry VIII : Quelle est-elle ?

Anne : Vous allez devoir la trouver.

Henry VIII : Où est-elle ?

Anne : Elle est sur un beau ruban caché quelque part.

Henry VIII : Est-il caché… (Il regarde à proximité de son cou) là ?

Anne : Non.

Henry VIII, regardant dans son décolleté : Serait-il par ici ?

Anne : Non.

Il soulève sa robe.

Henry VIII : Serait-il caché là ?

Anne : Je ne saurais attendre plus longtemps.

Henry VIII, passant sa tête sous sa robe : Vous n’attendrez pas plus.

Elle gémit.

Anne : Votre Majesté, il y a de nouveaux retards. On ne peut plus voir Campeggio.

Henry VIII : Où est-il ? Redites-le-moi.

Anne : Quelqu’un essaye sans doute de gagner du temps, de retarder les choses, de trouver des excuses.

Henry VIII : Campeggio.

Anne : Non. Une autre personne, bien plus proche de vous encore.

Elle prend sa main et la met sous sa robe.

Henry VIII : A présent je l’ai. (Il en retire le ruban et lit) Ainsi sera… grogne. Qui grogne.

Anne : Voilà ce qui devrait se passer. Laissez-les donc pester, Majesté. (Ils s’embrassent) Un homme très proche de vous retarde les choses.

 

Le roi et le cardinal Wolsey se promènent tout en bavardant.

Henry VIII : Répondez-moi franchement au sujet de Campeggio. Lui faites-vous confiance ? Croyez-vous qu’il puisse être compromis ? Qui sait, peut-être perçoit-il une pension de l’empereur.

Wolsey : J’en doute fort, Majesté. Lorenzo est l’homme le moins dangereux qui soit. Il a lui-même souffert sous le joug des soldats de Charles. Quand ils sont entrés à Rome, ils ont saccagé sa maison. Je suis persuadé qu’il n’aime pas l’Empereur.

Henry VIII : Alors pourquoi retarde-t-il le jugement ?

Wolsey : Il y a des aspects du problème qui n’ont pas encore été résolus, voilà tout. Mais rien dont Votre Majesté ait besoin de s’inquiéter.

Henry VIII : Il ne s’agit pas de Campeggio ! C’est votre faute ! C’est vous qui retardez les choses.

Wolsey : Votre Majesté…

Henry VIII : Ce divorce ne trouve plus grâce à vos yeux mais peut-être en est-il toujours été ainsi au demeurant. Vous m’avez trompé en prétendant être de mon côté.

Wolsey : Votre Majesté, à genoux devant vous et devant Dieu je jure sur mon honneur que je suis votre plus humble serviteur. Et qu’il n’y a rien sur cette Terre qui m’apporte plus que de faire avancer votre divorce qui n’appartienne au passé. C’est mon unique visée et c’est mon plus ardent désir. Je suis prêt à y consacrer ma vie, à donner mon corps et mon sang. Je le jure devant Dieu.

Henry VIII : Je vous en prie, Eminence, ne soyez pas aussi désespéré. Vous comprenez mon impatience. Je sais que vous n’y êtes pour rien. J’ai confiance en vous. Je vous connais depuis très longtemps. Venez, parlons d’autre chose.

More et le Duc de Norfolk observent le roi par la fenêtre.

Duc de Norfolk : Par le corps du Christ, Monsieur More... Indignacio principis mortem est.

More : La fureur du roi est un messager de mort.

 

 

Cromwell : Majesté.

Henry VIII : Vous allez vous rendre à Rome M. Cromwell. Je veux que vous obligiez ce vaurien de pape à faire ce que je lui demande et dites-lui pour qu’il comprenne que s'il refuse de m’accorder mon annulation au plus vite, l’Angleterre se libèrera de son allégeance à Rome et je me libèrerai de la mienne envers lui. Assurez-vous qu’il ne prenne pas ces menaces à la légère. J’ai la ferme intention de le faire exécuter s’il ne fait pas ce que je lui demande. (Cromwell sort) Faites entrer le Duc de Suffolk.

Valet : M. le duc, le roi vous convoque.

Henry VIII : Charles. J’ai une mission à vous confier. Vous allez vous rendre à Paris pour voir le roi François. Vous allez le presser de question sur Campeggio. N’hésitez pas à enquêter sur leur relation même. C’est un portrait que je veux. Est-il vraiment honnête, a-t-il la moindre ambition d’être pape ? Campeggio aurait-il conclu un accord avec l’Empereur ?

Charles : Je pars sur le champ.

Henry VIII : Charles... questionnez-le aussi sur Wolsey. Je veux savoir tout ce qu’il sait sur cet homme. Entendu ? Tâchez de découvrir de quel côté il est.

 

Thomas More rend visite à la reine.

Katherine : Sir Thomas.

More : Majesté, vous, la plus douce des souveraines. Je suis venu avec l’évêque Fisher qui voulait vous voir. Je pense qu’il est à même de vous offrir un véritable soutien.

Katherine : Je vous en remercie, Sir Thomas.

More laisse Katherine avec l’évêque Fisher.

Fischer : Majesté.

Katherine : Je vous en prie. Monseigneur, êtes-vous certain de vouloir vous battre à mes côtés ? Il faut que vous soyez conscient des dangers auquel vous pourriez être confronté. Je le comprendrais si vous choisissiez de privilégier la paix et la tranquillité.

Fischer : Gente dame, quelle paix ou quelle tranquillité pourrait bien exister sans Justice et sans l’amour de Dieu ? J’ai étudié attentivement l’affaire qui vous préoccupe. Vos adversaires vont bien sûr arguer que la dispense du pape qui vous autorisait à épouser le roi était en fait théoriquement erroné et, par conséquent, invalide. Mais la meilleure façon de corriger ce jugement, d’ordre théorique, n’est pas de déclarer votre mariage nul et non avenu. Mais de vous accorder une nouvelle dispense théoriquement inattaquable. De toute façon, la durée de votre union rend comme il se doit votre mariage honnête. Quant au principe ecclésiaste, vous le savez, c’est l’Eglise qui l’a stipulé. Il entérine toute défaillance théorique de la dispense du pape.

Katherine : Alors vous estimez que nous pourrions gagner ?

Fischer : Nous pourrions gagner l’argumentation, oui, mais je… je ne saurais prétendre que cela nous servira beaucoup. Néanmoins, nous devons essayer. Gardez confiance, Madame. Prenez courage car d’un point de vue moral, nous avons raison.

 

Le roi joue aux cartes avec Anne Boleyn.

Henry VIII : Atout cœur.

Anne : Que se passe-t-il ?

Henry VIII : J’ai eu des nouvelles de Cromwell. Il a finalement obtenu un rendez-vous avec le pape mais sa lettre n’est pas concluante.

Anne : Pourquoi ?

Henry VIII : Il ne croit pas que Clément interviendra en ma faveur. Il m’écrit : « c’est peut-être dans son pater noster mais en aucun cas dans son crédo ». Il veut dire que le pape prie pour que je résolve mes problèmes mais qu’il n’a pas l’intention de prendre position pour m’y aider. Montrez.  Faites-moi voir.

Il regarde les cartes d’Anne et n'y trouve que de l’atout cœur. Il lui donne l'argent joué, puis se lève et sort.

 

Palais du roi François de Valois, Paris, France…

François I : Oui, nous avons reçu le légat du pape lorsqu’il est venu en France. Et j’ai parlé personnellement à Campeggio. Il était extrêmement prudent. Malgré cela, j’ai eu la nette impression qu’il déguisait sa pensée.

Charles : Que voulez-vous dire exactement ?

François I : Je crois qu’il en dévoile un côté mais en cache un autre. On l’a prié de s’occuper d’une affaire qu’il dédaigne secrètement. Alors ce que je conseille au roi, mon bon frère, c’est de ne pas faire trop confiance à qui que ce soit car il risque d’être déçu.

Charles : En diriez-vous tout autant à propos du cardinal Wolsey ?

François I : Sachez que je n’ai rien contre Son Eminence.

Charles : Bien entendu. Mais que diriez-vous de sa position vis-à-vis du divorce ?

François I : A mon avis, il souhaitait que le divorce soit entériné. Parce qu’il n’a aucune affection pour la reine. Et en même temps…

Charles : Et en même temps ?

François I : J’ai eu l’impression qu’il avait aussi une merveilleuse complicité avec le pape. Ils se comprennent tous les deux, et Wolsey est proche du cardinal Campeggio. De ce fait, s’il règne une telle entente entre ces hommes, et que deux d’entre eux ne sont pas très favorables au divorce du roi, alors pour être franc avec vous, il me semble que le roi devrait s’occuper de cette affaire en personne. Tel est mon conseil.

Il se lève de table et sort, laissant Charles avec la reine.

Charles : Où va-t-il ?

Claude de France : Il est parti honorer sa toute dernière maîtresse.

Charles : Qu’est-ce qui le pousserait à agir ainsi alors que son épouse est magnifique ?

Claude de France : Posez-lui la question, Monsieur.

Charles : N’avez-vous jamais eu envie de vous venger ?

Claude de France : Evidemment. A chaque instant. Je suis une femme.

Charles : Alors faites l’amour avec moi.

Claude de France : Si vous voulez. Mais avant dites-moi, comment va votre magnifique épouse ?

Charles : Elle…

Claude de France : Elle est tout comme moi, non ? Vous avez des aventures et elle, elle l’ignore. Dites-moi, faire l’amour pour se venger par chagrin, quel sens cela a-t-il ? Cela heurte l’esprit. Quand à l’âme, elle rétrécit. Oui, comprenez cela, Monsieur. L’âme devient toute petite. Et peut-être même qu’elle s’éteint.

 

Le cardinal Wolsey est devant la porte de Campeggio et attend. La porte s’ouvre et Campeggio sort.

Wolsey : Monseigneur.

Campeggio : Monseigneur.

Wolsey, au valet : Laissez-nous.

Campeggio : Le procès est tout proche.

Wolsey : En effet, Monseigneur. (Wolsey l’attrape violemment, le fait re-rentrer et s'assoir. Il ferme la porte) Je vais de nouveau être très clair avec vous. Si vous refusez d’accorder ce divorce, vous allez provoquer une prodigieuse et immense réaction contre le pape, contre la cour papale et enfin contre la papauté. Entendez-vous ?

Campeggio : J’ai été prié par le Saint Père, vous le savez, de travailler sur cette affaire afin que la vérité apparaisse. J’ai l’intention de faire triompher la Justice, que vous le vouliez ou non. Que Dieu m’en soit témoin.

Wolsey : J’ai l’impression que vous n’avez toujours pas compris. Alors laissez-moi vous expliquer clairement les choses. S’il s’avérait que votre décision ne soit pas en faveur du roi, vous perdriez alors le roi, ainsi que la dévotion de son royaume envers Rome et vous me détruiriez totalement, irrévocablement, et cela je ne saurais l’autoriser.

Campeggio : Je comprends tout à fait. Vous devez garder la foi, cardinal Wolsey. Que Dieu nous protège.

 

Thomas Boleyn et le duc de Norfolk discutent avec Charles Brandon.

Charles : Messeigneurs, il est évident que Wolsey est sévèrement compromis. Aujourd’hui, il n’a plus les affinités qu’il avait autrefois avec Sa Majesté. Le roi n’a plus entière confiance en son premier ministre. Notre rôle consiste à entretenir sa méfiance.

Duc de Norfolk : Il est temps à présent de le mener à sa perte.

Thomas Boleyn : Voici un pamphlet. Il tourne son gouvernement en dérision. Il l’accuse d’orgueil, de gâchis et de répression et qualifie sa politique de stérile. Il est prêt à circuler, Messieurs.

Duc de Norfolk : Nous devrions organiser l’arrestation immédiate de Wolsey et de ses agents, la confiscation de tous leurs papiers. De plus, il conviendrait d’examiner avec soin son administration. Sa corruption sera exposée, bien sûr. Sa trahison sera évidente. Tout ce qu’il reste à faire, Boleyn, c’est que votre fille prouve au roi que ses soupçons sont tout à fait justifiés.

Charles : Ensuite, il sera sans défense devant ses ennemis.

Duc de Norfolk : A l’Angleterre.

Thomas et Charles : A l’Angleterre.

 

La reine se pare de sa couronne.

A Blackfriard’s Church, Londres…

La cour d’Angleterre se prépare pour le procès à propos du divorce du roi.

Un valet aide Wolsey à se vêtir de sa croix de cardinal, mais la fait tomber. Wolsey commence à le battre en l'insultant.

Campeggio : In nomine Patris, et Filii, et Spiritu Sancti, Amen.  Je déclare le grand tribunal nommé par Sa Sainteté, le pape Clément, en session.

Homme : L’audience est ouverte.

Campeggio : Tout ce qui est dit ici, est dit sous serment, et en la présence de Dieu tout puissant. J’appelle Sa Majesté à s’exprimer le premier sur cette affaire.

Le roi se lève.

Henry VIII : Vos Eminences connaissent la raison qui m’amène ici. L’agitation de mon esprit en ce qui concerne mon mariage trouble ma conscience. J’ai largement consulté pour découvrir la vérité. Et j’ai lu dans le Lévitique que c’était contre les lois de Dieu et un pêché de me marier avec l’épouse de mon frère. Vos Eminences, je ne suis pas le seul à m’interroger sur la validité de mon mariage. Car tous mes évêques partagent mes doutes. Et ils ont signé une pétition pour trouver réponse à cette question.

Fischer : Messeigneurs, je tiens à déclarer que je n’ai absolument jamais signé de mon nom un tel document. Et que s’il apparaît ici…

Wolsey : Le tribunal ne vous a pas invité à parler, Monseigneur.

Fischer : Je dis que s’il apparaît ici, j’en déduirais que Monseigneur Tamstole l’a écrit sans mon consentement.

Wolsey : La parole est au roi. Asseyez-vous, Monsieur. Assis.

Henry VIII : Je ne vais pas argumenter avec vous. Vous n’êtes qu’un seul homme, après tout. Quand au problème principal, si l’on me demandait pourquoi j’ai attendu si longtemps pour poser cette question et la faire juger, je répondrais sincèrement que c’était la grande affection que j’éprouvais envers Sa Majesté qui m’a empêché de le faire. C’est moi et moi seul qui en porte toute la responsabilité. Pour ma conscience qui est tourmentée, et les doutes qui me hantent, Messeigneurs les juges, je n’ai qu’une seule, une seule et unique chose à vous demander. Justice.

Le roi se rassoit.

Wolsey : Dans un instant, le tribunal va appeler Sa Majesté, la reine, à répondre à la déposition du roi. Mais avant, je dois informer le tribunal que la reine a soulevé, par avocat interposé, la question de la compétence de ce tribunal pour juger de l’affaire qui nous occupe. De plus, Son Altesse remet en question l’impartialité de ses juges et enfin elle tient à rappeler que ce cas a déjà été soumis à une plus haute autorité, le pape, et que par conséquent, ce procès ne peut avoir lieu qu’à Rome. Alors, en ce qui concerne ces objections, le cardinal Campeggio et moi-même vous rappelons que nous avons l’autorisation indispensable de Sa Sainteté pour juger l’affaire évoquée. De plus, nous rejetons toute idée de parti pris en ce qui nous concerne. Nous continuerons à juger cette affaire conformément à ce qui nous a été demandé. Donc, je vais appeler Sa Majesté, la reine Katherine, à se présenter devant la cour.

Elle se lève, va vers le roi et s’agenouille. Le roi tente de la relever, mais elle reste à ses pieds.

Katherine : Majesté... Je vous implore, au nom de l’amour que nous avons eu l’un pour l’autre, laissez-moi avoir Justice et Droit. Prenez-moi en pitié et compassion car je suis une pauvre femme, une étrangère née hors de votre royaume. Je n’ai pas d’amis en Angleterre, et si peu d'avocats... Je m’en remets à vous car vous êtes la justice de ce royaume. J’en appelle à Dieu et au monde entier, j’ai toujours été une bonne épouse, humble, une obéissante épouse désireuse de satisfaire vos moindres volontés, vos moindres désirs. J’ai aimé tous ceux que vous avez aimé pour vous plaire, que j’ai eu raison ou non de le faire, que ce soit mes amis ou encore mes ennemis. Par moi, vous avez eu beaucoup d’enfants, même s’il a plu à Dieu d’en rappeler certains auprès de lui. Mais lorsque je me suis donnée à vous, j’invoque Dieu comme seul juge, j’étais vierge puisqu’aucun homme ne m’avait jamais touchée. Et que cela soit vrai ou faux, je laisse, Majesté, le soin d’en décider à votre conscience.

Elle se relève et sort du tribunal.

Campeggio : Mais où va-t-elle ? Que fait-elle ?

Wolsey : Je ne saurais vous dire.

Homme : Katherine, reine d’Angleterre, revenez devant la cour. Madame, la cour vous appelle.

Valet : Majesté, peut-être devriez-vous vous présenter devant vos juges, ils vous appellent.

Katherine : Ce n’est pas une cour impartiale. Par conséquent, je ne resterais pas davantage.

Homme : Katherine, reine d’Angleterre, revenez devant la cour.

A l’extérieur du tribunal, le peuple acclame la reine.

Wolsey : Elle crache au visage des lois pontificales. Elle a du mépris pour ce tribunal.

Le roi regarde le cardinal Wolsey d’un air furieux. Wolsey s’incline et le roi se retire.

 

FIN

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